ACCUEIL » ESPACE PRESSE » COMMUNIQUÉS DE PRESSE ANNEE 2010
» CONTACT
Laetitia GOT-THEPAULT
chargée de mission presse et communication
» laetitia.got@defenseurdesenfants.fr
Tel.: 01 53 63 58 66 / 06 32 47 63 93
Communiqué de presse - Année 2010
Paris, le 31 août 2010
La Défenseure des enfants, Dominique Versini, sinquiète du sort des enfants des gens du voyages et des roms à la veille de la rentrée scolaire
Adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989, la Convention Internationale relative aux Droits de lEnfant (CIDE) est entrée en vigueur en France depuis le 2 septembre 1990. La France peut shonorer légitimement dêtre parmi les premiers pays à lavoir ratifiée et de sêtre ainsi engagée à faire respecter les droits fondamentaux de tous les enfants vivant sur lensemble du territoire de la République, quelle que soit leur nationalité ou la situation administrative de leurs parents.
Si, dans lensemble, cet engagement a progressé au fil des années, le Comité des droits de lenfant des Nations Unies a reproché à notre pays, dans son dernier rapport (juin 2009), des manquements à légard des enfants des gens du voyage et des roms. Les décisions gouvernementales de cet été et les débats suscités amènent la Défenseure des enfants, à la veille de la rentrée des classes, à rappeler lobligation impérative pour la France de respecter cette convention internationale sans discrimination.
Alors que tous les enfants vont retrouver le chemin de lécole, certains dentre eux seront en difficulté pour obtenir leffectivité de ce droit fondamental du fait du mode de vie de leurs parents (gens du voyage), ou dun retour dit «volontaire» vers un pays où leur scolarisation ne sera absolument pas garantie (roms).
Concernant les enfants de Voyageurs, dont les familles sont françaises, rappelons que la loi prévoit quils doivent bénéficier de la scolarité commune, avec les adaptations indispensables liées à litinérance, au stationnement précaire et à laccompagnement parfois nécessaire pour eux-mêmes et leurs parents. La loi du 5 juillet 2000 dite Loi Louis Besson «relative à laccueil et à lhabitat des gens du voyage» a permis lélaboration, aujourdhui obligatoire, de schémas départementaux prévoyant des aires daccueil ou de stationnement (voire même des terrains familiaux), laccès à lhabitat social et aux services publics les plus proches possibles (dont les écoles). Force est de reconnaître que si elle a amélioré nombre de situations, cette loi peine à être réellement effective sur lensemble du territoire. Quoi quil en soit, le droit français est clair, rien ne peut sopposer à la présence dun enfant dans une école, même si les conditions du stationnement de ses parents sont contestables ou illégales, et même si lautorité municipale responsable des inscriptions scolaires le refuse. Le Préfet doit alors linscrire sans délai dans une école publique de la commune concernée.
Concernant les enfants de familles roms, rappelons quils sont généralement roumains (plus rarement bulgares, serbes ou kosovars) et donc européens. Lassociation Romeurope chiffre leur nombre à plusieurs milliers. Cest la misère et les discriminations vécues dans leur pays dorigine qui ont conduit leurs parents à vivre dans une très grande précarité à proximité des agglomérations françaises. Leur scolarisation est souvent rendue difficile par le fait que leurs parents vivant dans la survie et la peur des expulsions récurrentes de leurs campements ne connaissent ni ne savent faire valoir les droits fondamentaux de leurs enfants (école, santé). Ainsi, seuls 15% de ces enfants seraient à jour de leurs vaccinations.
Sil est vrai que certains enfants mendient et, sous la contrainte dadultes, peuvent être conduits à commettre des actes délictueux, dans tous les cas leur droit premier à être protégé doit être rappelé et effectivement mis en œuvre par tous les détenteurs dune autorité publique : services de létat, des conseils généraux et des communes. La répression des adultes qui exploitent leur vulnérabilité denfants relève directement de la responsabilité de lEtat.
Tout le monde convient que des réponses doivent rapidement être élaborées au niveau européen pour ces familles roms ballotées dune région vers une autre. Mais cet impératif politique qui va prendre du temps ne peut pas dispenser la France de la nécessaire prise en compte indispensable des besoins des enfants : habitat, hygiène, nourriture convenable, fréquentation de lécole et possibilité daccéder à une formation professionnelle, accès aux sports, aux loisirs et à la culture, etc. Au lieu de cela, des enfants vivent aujourdhui dans lincompréhension totale dun retour brutal (obligé ou «volontaire») vers un lieu souvent inconnu deux dans lequel leur scolarisation sera incertaine ; dautres ont assisté à lécrasement des roulottes ou des abris de fortune qui leur servaient dhabitat ; dautres encore ont assisté à linterpellation de leurs parents et à la séparation des hommes dun côté, des femmes et des enfants de lautre.
Ces traumatismes auront des conséquences difficilement évaluables pour leur avenir. De plus, ces méthodes dévacuation des campements, réalisées dans le cadre dune sur-médiatisation voulue par les pouvoirs publics ont soulevé inquiétude et indignation chez les acteurs en charge de lenfance ainsi que de nombreux citoyens tout en suscitant des interrogations de la part des organisations européennes et internationales en charge de la défense des droits de lhomme et de lenfant.
Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants
104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris