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Laetitia GOT-THEPAULT
chargée de mission presse et communication
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Communiqué de presse - Année 2009
La Défenseure des enfants rappelle sa position sur le séjour denfants dans des centres de rétention administrative : lintérêt supérieur des enfants doit amener à privilégier lassignation à résidence des familles avec enfants faisant lobjet dun arrêté de reconduite à la frontière plutôt que le centre de rétention administrative.
Paris, le 14 août 2009
En effet, lintérêt supérieur de lenfant doit être apprécié au regard dune part de larticle 37 de la Convention internationale des droits de lenfant (dite convention de New York) qui prévoit fermement que « nul enfant ne soit privé de liberté de façon illégale ou arbitraire : larrestation, la détention ou lemprisonnement dun enfant doit être en conformité avec la loi, nêtre quune mesure de dernier ressort et être dune durée aussi brève que possible » (Ce texte sapplique pour les centres de rétention). Et dautre part, de larticle 9 de la Convention qui prévoit que « lenfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré (...) ».
La présence denfants dans des centres de rétention administrative (CRA) du fait de la décision de reconduite à la frontière de leurs parents pose la question de leur intérêt supérieur durant le temps de la rétention au regard des articles 37 et 9 de la Convention internationale qui peuvent apparaître contradictoires dans leur application.
Sil est évident que des enfants qui nont pas commis dinfraction nont pas à séjourner dans un lieu privatif de liberté (article 37), la séparation davec leurs parents par le placement auprès de laide sociale à lenfance par exemple durant ce temps, en contradiction avec larticle 9 de la même Convention, ne saurait constituer une solution satisfaisante pour les enfants qui vont vivre une épreuve traumatisante pendant une période pouvant aller jusquà 32 jours.
Concernant les centres de rétention administrative, bien quaient été créés dans quelques uns dentre eux des « espaces familles », il nen reste pas moins que ceux-ci demeurent mal adaptés à la vie quotidienne des enfants qui sont amenés à côtoyer dautres adultes que leurs parents et ne peuvent y mener une vie normale denfants de leur âge. Beaucoup de ces enfants souvent nés en France, ont dû interrompre brutalement leur scolarité. Ils vont séjourner parfois jusquà 32 jours dans le centre et présentent souvent des signes de souffrance psychique (troubles du sommeil, mutisme, maux de ventre, dépression...). Rappelons que la Cour dAppel de Rennes a rendu le 23 octobre 2007 une ordonnance¹ confirmant le refus du juge de première instance de prolonger la rétention administrative dun couple moldave et de leur enfant de trois semaines, cette retenue constituant un traitement inhumain et des conditions de vie anormales imposées à un très jeune enfant, disproportionnés par rapport au but poursuivi, la reconduite à la frontière. La Commission Nationale de déontologie de la sécurité (la CNDS) a rendu un avis le 20 octobre 2008² qui se prononce dans le même sens. Celle-ci précise que «dés lors que les mineurs ne peuvent être expulsés selon la législation française, ils ne peuvent faire lobjet ni dun ordre de quitter le territoire français, ni dun arrêté préfectoral de placement en rétention : ils nont donc aucun statut juridique en rétention ». Si la situation traitée par ces instances concernait un enfant en bas âge il apparait le plus souvent que les troubles sont encore plus importants chez les 2 à 12 ans, non seulement sensibles à langoisse de leur parents, mais aussi capables de comprendre la gravité de la situation tout en nayant pas de moyens de défense internes pour se protéger et surmonter ces difficultés.
Concilier ces deux articles de la Convention de New York dans lintérêt supérieur des enfants consisterait plus simplement à privilégier la solution de lassignation à résidence (domicile ou hôtel) de la famille pendant le temps de la procédure administrative. Un assouplissement du cadre réglementaire et administratif de lassignation à résidence parait nécessaire dans la mesure où les textes actuels présentent des difficultés de mise en œuvre. Le communiqué de presse du ministère de limmigration en date du 13 août faisant état de situations en réalité limitées de placement de familles avec enfants en CRA cela permettrait dapporter des réponses humaines et plus conformes à nos engagements internationaux en matière de protection des enfants. La Défenseure des enfants demande à cet effet que soient produites les statistiques officielles du nombre denfants ayant séjourné en CRA sur les 12 derniers mois, de la durée de leur séjour, et du nombre de familles avec enfants réellement reconduites à lissue du séjour en centres de rétention.
Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants
104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris