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Laetitia GOT-THEPAULT
chargée de mission presse et communication
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Communiqué de presse - Année 2009
Déclaration dENOC pour marquer le 20ème anniversaire de ladoption de la Convention Internationale des droits de lenfant 20 Novembre 2009
Le 20ème anniversaire de ladoption par lAssemblée Générale des Nations Unies de la Convention internationale des droits de lenfant (CIDE) devrait être une cause de fête. Cependant, en tant que institutions indépendantes établies par la loi dans 29 Etats dEurope pour promouvoir et protéger les droits de lenfant, notre fête est tempérée par de très profondes inquiétudes.
Parmi les principaux instruments de protection des droits de lhomme, la CIDE est linstrument qui a été ratifié par le plus grand nombre dEtats - tous les Etats dEurope et 193 Etats du monde entier. Néanmoins, les droits - à la fois civils et politiques ainsi quéconomiques et sociaux - de million denfants en Europe sont toujours bafoués. Les Gouvernements des Etats affirment régulièrement leur engagement vis-à-vis de la mise en œuvre de la CIDE, participent tous les 5 ans au processus dévaluation mis en place par le Comité des droits de lenfant et reçoivent en retour des recommandations étaillées du Comité. Mais - trop souvent - un grand nombre de ces recommandations sont ignorées.
Les Gouvernements ont toujours du mal à comprendre que la CIDE est un instrument juridique obligatoire qui impose aux Etats des obligations juridiques détaillées. Ce nest pas une liste de vœux pieux pour les enfants. Les Etats ne peuvent pas opter seulement pour certains droits, ceux qui sont faciles à satisfaire, et ignorer le reste.
Il nest pas suffisant que nos Gouvernements pour marquer le 20ème anniversaire de la CIDE se contentent de redire leur engagement personnel vis-à-vis des enfants et de la convention. Cest pourquoi, nous pressons tous les Etats à procéder durgence, en collaboration avec nos institutions, les associations défendant les droits des enfants et les enfants eux-mêmes, à une évaluation de la prise en compte de la CIDE dans leur droit national respectif mais aussi des possibilités effectives de recours pour les enfants face à la violation de leurs droits.
ENOC déplore profondément que la CIDE continue à être le seul instrument international de protection de droits de lHomme qui ne dispose pas dune « procédure de communication » laquelle permettrait aux enfants de saisir le Comité des droits de lenfant pour des violations de leurs droits.
Un Groupe de travail du Conseil des droits de lHomme va se réunir au mois de Décembre prochain à Genève pour se pencher sur la mise en place dune telle procédure : ENOC presse les Etats de sengager rapidement dans la rédaction du projet de protocole optionnel nécessaire: les enfants ne doivent plus attendre pour la mise en place de cet outil essentiel à la sauvegarde de leurs droits.
Les Etats doivent procéder à des enquêtes avec la participation des enfants pour évaluer dans quelle mesure ils connaissent leurs droits fondamentaux ainsi que ceux qui sont à leur contact ou travaillent pour eux. En effet, selon les termes de la Convention (Art.42), les Etats se sont engagés à faire largement connaître les principes et obligations de la Convention, « par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants ».
Vu leur vulnérabilité et leurs besoins pour assurer leur croissance, les enfants sont disproportionnellement affectés par la pauvreté : nous craignons que la conjoncture actuelle de récession mondiale, causée par les adultes, ait des conséquences amplifiées sur les enfants. Nous pressons en conséquence les Etats à sinquiéter des effets de la récession sur les enfants et à définir des stratégies déradication de la pauvreté des enfants - sils nen ont pas déjà - incluant des objectifs chiffrés permettant des évaluations périodiques.
Dans un certain nombre dEtats en Europe, des signes inquiétants dune recrudescence de lintolérance, du racisme et de lhomophobie se font jour. Leur impact sur les enfants est encore plus grand, menaçant leur développement. Ainsi nous avons pu constater que des enfants étrangers demandeurs dasile ont été mis en centre de rétention sans base légale ou ont souffert de traitements inappropriés en violation de leurs droits fondamentaux.
En réponse à la délinquance juvénile, incluant des actes de violence, les autorités publiques trop souvent réagissent par des sanctions punitives non constructives incluant des mesures dincarcération plutôt que de se concentrer sur la réhabilitation et la prévention. Il faudrait plutôt que les Etats prioritairement fassent place aux mesures alternatives à la détention ou en développent lutilisation ainsi que des programmes adaptés à lâge des enfants en conflit avec la loi.
Les enfants ? y compris les enfants en bas âge ? sont plus souvent victimes quauteurs de violence. Malgré le lancement par le Conseil e lEurope dune campagne pour labolition complète des châtiments corporels dans ses 47 Etats membres et malgré le projet dabolition universelle des châtiments corporel dici fin 2009 lancé il y a trois ans par une étude des Nations unies sur la violence à légard des enfants, faire usage de violence et humilier les enfants continue à être dusage comme une forme de punition dans la plupart des Etats européens et légal dans presque la moitié. Dès lors, ENOC presse les Etats qui ne lont pas encore fait à adopter une législation qui interdit explicitement toute forme de châtiments corporels.
ENOC se félicite de létablissement de nouvelles institutions de défenseurs des droits de lenfant dans plusieurs Etats dEurope. Néanmoins, ENOC exprime sa vive préoccupation face à la tendance qui se fait jour chez certains gouvernement au lieu de soutenir des institutions bien établies à remplir efficacement leur missions, de leur imposer des restrictions et/ou diminuent leur indépendance. Il est profondément choquant alors que le monde entier célèbre les 20 ans de la CIDE que certains Gouvernement puissent envisager la suppression dinstitutions indépendantes bien établies.
Lors de sa réunion annuelle tenue le septembre dernier à Paris, le Réseau sest engagé à donner priorité pour les trois années à venir aux thèmes de la participation des enfants, la violence à légard des enfants, le trafic denfant, la pauvreté parmi les enfants et à la protection des enfants contre les risques liés à lusage des nouvelles technologies et Internet.
Le Réseau européen des défenseurs des enfants (ENOC) est une association à but non lucratif regroupant des institutions indépendantes de protection des droits de lenfant. Les objectifs poursuivis par le Réseau sont :
Le Réseau a été créé lors dune réunion tenue à Trondheim, en Norvège en 1997 quand un groupe de 10 institution se sont réunies en présence dUNICEF. Depuis, le Réseau sest considérablement agrandi et comprend aujourdhui 37 institutions membres dans 29 Etats dEurope. Ladhésion est limitée aux institutions des 47 Etats membres du Conseil de lEurope.
Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants
104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris